Hier, j'ai vu Interstellar au cinéma, dernier bébé de Christopher Nolan, avec Matthew McConaughey (que je confonds toujours allègrement avec Bradley Cooper, jusqu'à ce que je vois son nom au générique).
Une histoire de 2h50 (avec entracte de 10 minutes "pour votre confort" = pour aller faire pipi/fumer une cigarette/acheter du pop-corn), qui te narre l'aventure de scientifiques qui passent par un trou noir afin de chercher d'autres mondes pouvant accueillir la population humaine, la Terre ayant épuisé ses ressources alimentaires. Voilà le pitch.
Franchement, j'ai bien aimé le film, c'est bien joué, bien filmé, surtout si tu aimes ce genre-là, hein, sinon, passe ton chemin. Bien entendu, on n'échappe pas aux poncifs habituels : heureusement que les Américains sont là pour sauver le monde (l'humanité, même) et je me dis que les vrais scientifiques doivent se payer une bonne tranche de rigolade au sujet des théories développées mais au bout du compte, j'ai bien aimé.
Sauf à un moment.
J'ai sangloté. Mais pas juste l’œil humide avec les larmes qui font des petites vagues devant tes yeux sans se décider à rouler sur tes joues, nan, des vrais gros sanglots, de ceux qui t'empêchent de respirer.
Je te passerai les détails mais à un moment, ils explorent une planète où la mesure du temps est différente. Une heure sur place équivaut à sept ans de vie terrestre.... Y'a un type qui reste en dehors de la planète, trois qui y vont, deux seulement en reviennent. Lorsqu'ils remontent à bord de leur navette, vingt-trois années se sont écoulées alors qu'ils sont partis trois heures et demi. En gros.
Les deux protagonistes voient alors les messages qui leur ont été adressés durant tout ce temps par leurs proches. Les enfants petits sont devenus grands, ont eu eux-mêmes des enfants. Les astronautes sont dévastés par tout ça, tout ce temps perdu. J'ai vécu leur souffrance en même temps (merci les gros plans sur Matthew en train de sangloter).
Pourquoi ça me touche autant ?...
Je me rends compte que dans ma vie, j'ai gaspillé du temps, j'ai perdu du temps à souffrir, plus ou moins, dans une situation qui ne me convenait pas. J'ai perdu du temps et de l'énergie à essayer d'entretenir une relation qui ne me convenait pas, à essayer de sauver ce qui ne pouvait plus l'être.
Mon temps est compté désormais. Je veux que chaque minute soit vécue, assumée, ou subie parfois, mais le moins possible. Le temps, c'est précieux, le temps, on doit pouvoir en faire bon usage.
Aimer, par exemple, c'est un bon usage.
Aimer, par exemple, c'est un bon usage.
Je ne veux plus qu'on me vole mon temps, j'en ai déjà trop perdu.
(moralité, c'est pas demain la veille que je serai volontaire pour une mission spatiale visant à passer par un tour de ver)
(bon, si Matthew est toujours Chef de mission, ça se discute).
Crédit photo : http://www.vaulx-en-velin-journal.com/Actualites/Cultures/Oufs-d-Astro-allons-prendre-le-pouls-du-temps
Oh mais oui, quoi !
RépondreSupprimerDéjà, 24h dans une journée, c'est largement pas assez !
Mais par rapport à ce que tu racontes, au moment où tu le perdais, ce temps, tu ne savais pas que tu le perdais, au contraire, tu tentais quelque chose pour qu'il soit plus agréable. Ce n'est qu'aujourd'hui, au regard de ta vie actuelle, que tu te dis que tu l'as perdu. Alors qu'en fait, tu construisais ton bonheur d'aujourd'hui, parce que ce temps soi-disant perdu, te permet par contraste, d'apprécier le temps qui passe aujourd'hui.
Bon bref, tu vois l'idée ?
PS : Tu nagerais pas en plein bonheur, toi ?
Je vois très bien l'idée... Elle est très jolie et oui, je nage.
SupprimerMais bien sûr que non, tu n'as pas perdu de temps, puisque tu n'as pas fait autrement. Ou alors, il aurait fallu que tu aies ton expérience d'aujourd'hui pour apprécier ta situation d'hier et ça, à moins d'avoir traversé au moins trois fois le trou noir à cloche-pied, c'est pas possible... En revanche, te dire que maintenant, et à-partir-de-dorénavant, c'est profit maxi et fuck les empêcheurs de tourner en rond, oui, oui, oui, cent fois oui.
RépondreSupprimerEt avec plaisir pour t'accompagner en voyage interstellaire (enfin, seulement avec Matthew en chef de mission, on est bien d'accord !)
PS : et j'espère que j'ai grillé DOMI au poteau, hihi
j'ai grillé DOMI mais pas Val Làô... Et on dit la même chose...
SupprimerHa ha ha !
SupprimerAvec un PS et tout, quoi...
On est connecté, Smouik !
Smouik, tu m'as car-bo-ni-sée !!!
SupprimerA vivre, quelle que soit sa vie, on ne perd jamais de temps. Tout nous construit. Sinon, Val Làô et Smouik on dit tout ce que j'avais à dire.
Tout nous construit, c'est très joli aussi. Merci beaucoup à toutes les deux.
SupprimerComme je te comprends !
RépondreSupprimerIl y a le temps qu'on regrette (si j'avais su, ce jour là ...), celui qu'on a perdu, celui qu'on est pas certain d'avoir (parce que la vie est parfois une sacrée pute (et parfois pas :D) et que tout peut disparaitre d'une seconde à l'autre. T'es là et hop, tu t'es plus là. )
Et puis il y a celui qui nous ancre à la réalité de l'instant. Celui ou on se dit qu'on sait pourquoi on est né, qu'on est juste au bon moment, au bon endroit, avec les bonnes personnes.
Et je crois que c'est ce temps là qu'il faut apprendre à apprécier. Tous ces instants faits de bonheurs, petits et grands, et parfois d'une simple prise de conscience. Putain je suis heureuse. Et à ce moment là, ce temps figé ou on prend conscience de ce que l'on a, de ce que l'on est et bien ce temps là il est gagné pour toujours. Ce temps là peut devenir l'infini. (je sens que je deviens flou, là ...)
Mon Evidence m'a un jour écrit un poème (oui, je sais. En même temps tu crois que c'est pour rien qu'il est mon Evidence) qui se terminait par " Petit papillon tu n'es pas éphémère. Il suffit d'un instant pour accéder à l'éternité".
Le temps c'est aussi - sans doute - ça.
Take Care
"Ce temps-là peut devenir infini". Oui, c'est dit aussi dans le film, que la seule dimension qui traverse tout, c'est peut-être l'amour, celle qui défie le temps, la gravité et l'espace...
SupprimerCe billet me touche particulièrement, parce que j'ai également ces impressions (à d'autres niveaux, pour d'autres raisons).
RépondreSupprimerJe me dis que si je savais ce que je sais aujourd'hui, comme j'aurai pu gagné du temps, comme j'aurais pu faire autrement, être peut-être quelqu'un d'autre (de mieux forcément, réflexion du dimanche soir souvent). Mais bon, je n'en saurais pas là non plus, avec ces connaissances des autres et de moi même, si je n'avais pas traversé toutes ces longues heures de doutes...
Un jour, j'ai lu une anecdote sur un cours pour apprendre à se détacher du passé. Un type racontait que lui et son groupe était en cercle et que leur maître leur avait demandé de faire un pas en avant.
Après coup, il leur a demandé de "ne pas faire ce pas en avant". Et comme évidemment c'était impossible, il leur a demandé à quoi ça servait finalement d'essayer de changer ce qui était impossible à modifier.
Parfois, j'y repense et je me dis que ce sont les pas suivants qui comptent.
Et tu m'as l'air bien d'avancer plutôt bien ;-)
Je sais que ça ne sert à rien de se retourner sur le passé, j'essaye, mais des fois, c'est plus fort que moi. Et puis ça passe et je me concentre sur le présent, le maintenant, sans penser à demain (on dirait une chanson de Calogero).
Supprimerça me parle, si tu savais comme ça me parle.......
RépondreSupprimerAlors écoute, si ça te fait du bien...
SupprimerCe que j'ai dit à mon chéri il y a cinq ans, en début de relation : " Si toutes les épreuves que j'ai traversées étaient destinées à m'amener à toi, je suis heureuse de les avoir vécues ". Ce temps passé perdu est un temps gagné pour la personne que tu es aujourd'hui. C'est ce qu'il faut se dire. J'ai l'impression de donner un cours de conjugaison là, non ? Passé composé pour un futur simple fait de personnes plus que parfaites... (ou presque).
RépondreSupprimerYes !!!
SupprimerJ'adore cette façon de voir les choses parce que j'y souscris totalement, même si je n'ai pas su l'exprimer. Oui, les épreuves m'ont emmenées là, et je compte bien savourer !
SupprimerJoli !
SupprimerCette impression parle à tout le monde je crois. Je n'aime pas me dire que j'ai gaspillé du temps. Je préfère me dire que ces choses devaient être vécues, pour apprendre, évoluer et profiter encore plus par la suite. Quand je fais ce constat, il me permet de me recentrer et d'apprécier encore plus d'autres moments.
RépondreSupprimerCeci dit, cela ne m'empêche pas de râler sur le temps perdu ;-)
Tu as trouvé de quoi faire bon usage de ton temps, j'en suis ravie. Des bises
Je conçois que ce sont les étapes précédentes qui nous font devenir ce que nous sommes, simplement j'aimerais parfois qu'elles soient un peu moins tortueuses...
SupprimerJe comprends que tu puisses avoir ce sentiment de temps perdu, en meme temps il y a deux points super positifs : tu n'y es plus, dans ce temps perdu, et tu utilises bien le présent !
RépondreSupprimerEt comme toutes celles qui ont commenté avant moi, je ne sais pas s'il a été vraiment perdu, ce temps, tu ne pouvais sans doute pas faire autrement de toute façon, c'était du temps passé à rassembler ton énergie, à attendre le bon moment, celui où toutes les planètes sont alignées (clin d'oeil à Matthew) (cette voix, bon dieu, cette voix !)
Effectivement, c'est ce que m'avait dit la psy : je ne pouvais pas faire autrement et je faisais du mieux que je pouvais. Alors ça ne sert à rien de ressasser. Mais même en sachant cela, j'ai parfois du mal.
SupprimerIl n'a pas été perdu ce temps. Il tricotait ton bonheur à venir !
RépondreSupprimerJ'adore !!
SupprimerEt mon tricot prend forme, il va être magnifique.
Je souscris à tout ce qui a été écrit, et tu es si jeune encore... Mais ça me parle ce que tu dis du passage du temps, particulièrement ce soir, où j'ai un peu de vague à l'âme, en pensant qu'il ne me reste plus qu'un mois avant de basculer du côté obscur, de la retraite, quoi ! je en veux pas plomber l'atmosphère, j'ai eu énormément de chance d'exercer me métier de bibliothécaire que j'adore, qui m'a permis de magnifiques rencontres. Allons, je me ferai très bien au grasses matinées, je crois...
RépondreSupprimerJe me doute que ce passage de temps-là doit être particulièrement difficile. Pense à tous les chouettes trucs que tu vas pouvoir faire ;-)
SupprimerTout a déjà été dit. Ce qui compte c'est le moment présent. Carpe diem!
RépondreSupprimerBon là, tout de suite, pour les 8 heures à venir, c'est bof. Mais ce soir... Ce soir...
SupprimerPitite coquine, va !!!!
SupprimerNan, grosse cochonne.
SupprimerJe n'irai sans doute pas voir ce film, mais ce que tu écris sur le temps perdu me touche beaucoup...
RépondreSupprimerJe comprends parfaitement ... et plus le temps file plus il devient précieux... bref, blues... :(
Bisous
J'espère que ton bleu va se transformer en rose très vite.... Des gros bisous.
Supprimersympa, ton psy. Et pas cher, pour deux heures avec entracte.
RépondreSupprimerMoi c'est mon vélo. Et mes palmes.
C'est bien, le temps qui passe. Il ne passe jamais pour rien. Il laisse toujours quelque chose.
Viens me voir, toi.
Eh !! Alors l'Altesse on nous la joue Raphaël Endoven ? :))
SupprimerEt tu oublies la Ben&Jerry's Peanut Butter....
SupprimerLe temps peut laisser des bleus à l'âme, des jolis souvenirs, des gosses, des voyages, des disputes... Et le temps à venir la promesse d'un bonheur d'une douceur infinie...
Attends, il paraît que chez le psy tu ne peux pas bouffer. Vraiment n'importe quoi. Les gosses ont bien le droit d'y dessiner, eux.
SupprimerJ'essaie de voir le temps de maintenant, moi. C'est pas facile, mais c'est quand même très bien.
Tu crois que je vais mieux y arriver avec mes nouvelles lunettes ?
SupprimerMoi c'est le choc noir....
RépondreSupprimerEt Smouik et la Blonde, une info rassurante : dans le vaisseau spatial , nous nous battrons pas pour Matthew.....
Tu préfères Anne Hattaway ?
SupprimerJe ne vais pas rajouter grand chose. tout est dit et joliment !
RépondreSupprimerIl y a de belles philosophes dans ton salon ...
Ouais, plein.
SupprimerJ'ai tendance à penser qu'on ne perd pas tant de temps qu'on pourrait le croire. C'est l'impression que ça nous fait au premier abord. Mais j'aime bien la théorie du temps nécessaire à grandir, à mûrir, à être prêt pour vivre autre chose...
RépondreSupprimerPeut être que cette vie là, qu'on apprécie tant maintenant, ces décisions là, dont on est si fier aujourd'hui, nous auraient paru insensées, impensables, déplacées autrefois...
Y a pas que pour les formes qu'il faut être remplie d'indulgence. Il y a aussi pour son moi plus jeune ;-)
(commentaire laissé à la troisième lecture, te dire si ça me touche)
Je te confirme que j'ai l'impression qu'on continue à grandir, bien après l'adolescence... A avoir des raisonnements différents, grâce à l'expérience, au temps justement.
SupprimerContente de te revoir ici, je ne suis plus blacklistée ? ;-)
Ca va ça vient (entre tes reins) (oups), donc tiens toi dignement quelques jours steplé!
SupprimerAh merde.
SupprimerC'est jamais complètement perdu : ça a fait de toi ce que tu es aujourd'hui.
RépondreSupprimerCela dit, plus je vieillis, plus j'ai ce sentiment d'urgence,
parfois ça me ronge
et je suis heureuse que mes fils l'aient compris,
malgré leur jeunesse
et en acceptent les conséquences.
Je n'ai pas forcément de sentiment d'urgence, j'ai au contraire envie de ralentir le temps, pour pouvoir apprécier chaque minute de cette nouvelle vie, bien plus conforme à celle que je souhaitais...
SupprimerJe vois que je ne suis pas la seule à avoir chialé comme une madeleine devant cette scène !! ^^
RépondreSupprimerPour le coup moi aussi ça m'a fait réfléchir... le temps c'est toujours un problème en fait. Soit on en a pas assez, soit on voudrait que cela passe plus vite.. profiter du temps présent est une bonne chose ! Plus facile à dire qu'à faire je pense :)
Savoir savourer chaque instant de bonheur, même infime, s'en imprégner, se dire qu'il est là, ne pas le chercher ailleurs. Même si le temps passe toujours trop vite quand je suis avec lui.
SupprimerTout à été dit et je suis d'accord avec vous tous, mais je pense que ça ne sert à rien de gaspiller notre énergie à regretter le temps perdu, il n'y a que le présent et le future qui comptent vraiment.
RépondreSupprimerLe présent surtout...
SupprimerJ'avais les mots sur la langue mais Val Làô les as déballés de bien meilleure façon que moi...
RépondreSupprimerVoilà, ne rien regretter parce que c'est grâce à tout ce passé qu'on est là où l'on se trouve.
Mais...
Mais je comprends, car depuis ma séparation, parfois, je pense à ces 13 ans passés aussi, où j’essayais d'être heureuse. Je sais que je ne pouvais pas faire les choses autrement (rapport à ce qui doit être subi et traversés, etc...) mais...
Mais j'ai 31 ans, pas d'enfant, et je dois tout reconstruire. Alors oui pour les "on ne regrette rien". Mais la peur, des fois, juste la peur.
Alors ça me parle beaucoup.
(pffiou, c'est la première fois que je mets des mots sur ça. Je veux dire autrement que les "je me sens vieille" que personne ne comprends, évidemment. Alors merci.)
La peur est fossilisante : peur de faire mal aux autres, à ses parents, à ses amis, peur de les perdre justement, ces amis, dans une séparation, peur de ne pas savoir assumer le quotidien toute seule, peur de se retrouver seule, justement.
SupprimerEt puis à un moment, toutes ces peurs sont moins graves que ce l'amertume que tu peux vivre au quotidien..... Il faut du temps pour le comprendre...
ça me parle... je dois réagir... vite... avant de manquer de temps...
RépondreSupprimerPrendre le temps de la réflexion, ça, c'est absolument nécessaire...
SupprimerDepuis que je suis avec mon copain, qui a un rapport au temps bien particulier puisqu'il pense sans arrêt le perdre, ma conception des choses a changé. Je me disais toujours qu'il ne fallait pas être pressée dans la vie, que prendre son temps est important. Et puis maintenant, je me rends compte que je ne veux surtout pas prendre le risque de perdre du temps sur des mauvais choix, particulièrement professionnels. Du coup, je dédis moins de temps au travail, et je ne me suis jamais aussi sentie bien de ma vie!
RépondreSupprimerComme quoi, il faut savoir prendre du recul parfois...
Si tu savais comme j'aimerais pouvoir faire ça... Dans quelques semaines, quelques mois tout au plus et après... je serai toute reculée !
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