6 mars 2013

Et si on recommençait ?

Je ne l'avais pas sorti de l'hiver.

Il faisait la gueule dans le tiroir de la cuisine, profondément vexé par ma diatribe de l'an passé.

Je l'ai attrapé, lui un fait un bisou sur le côté en disant, allez, viens mon poulet, on va essayer de se pardonner et de recommencer à s'aimer.

Ça fait deux jours qu'il partage la route avec moi, essaye quand même de se renverser dans la bagnole, m'ébouillante la langue, se planque derrière l'ordi le soir pour que je l'oublie, mais je tiens bon.

Je ne suis pas rancunière que veux-tu.... En plus, je crois sincèrement que nous sommes repartis sur des bases saines. 

Penses-tu que notre couple ait un avenir durable ?...



5 mars 2013

Injustice modesque




C'est trop injuste... Je sais que la mode est injuste, je le vis tous les jours. La mode et moi, pour plein de trucs, on n'est pas compatible.

Non aux mini-jupes.
Non aux petits tops courts.
Non aux robes moulantes.
Non aux bas qui tiennent tous seuls.
Non aux soutien-gorges sans armatures.
Non aux fourreaux à paillettes.
Non à la robe fendue haut sur le cuissot.
Non au carrot pants (en même temps, c'est moche).
Non à 90% des marques qui en jettent grave ou qui sont mignonnes à des prix accessibles...

Tout ça, je sais. Et des fois ça me fait chier et des fois, c'est pas grave.

Aujourd'hui, je crie à l'injustice ! Aaaaaaah ! (c'est un cri de désespoir devant l'injustice) (je le fais bien, hein ?)

Le headband ne veut pas de moi

Je ne parle pas du serre-tête rigide que je tolère un peu (environ 23 minutes, après j'ai la migraine), je parle de ces jolis trucs souples que l'on glisse de façon charmante sur la tête. On peut faire une mignonne coiffure avec un petit chignon, on en rebiquant les cheveux dans le bas de l'élastique. On peut en mettre même DEUX si on veut pour un effet d'accumulation so choupinet. 
Comme mes cheveux poussent pas mal, j'ai vu là l'opportunité incroyable d'être une modeuse branchouille, ce qui la plupart du temps m'est interdit. Et ben même ça, j'ai pas le droit.

Le headband ne veut pas de moi. 

En réalité, je dois avoir l'arrière de la tête plat car quand je glisse un headband, au bout de vingt secondes, il fait slouipttt ! et remonte, refusant de rester à sa place.

Désespoir. Je suis AUSSI mal gaulée de la tête. 

J'envisage désormais de le maintenir à l'arrière de la tête avec deux grands coups d'agrafeuse.
Je suis prête à n'importe quel sacrifice. 

Retenez-moi.




4 mars 2013

Le sens du PQ n'est pas héréditaire



Juste une petite semaine et c'est déjà fini... Rentrée de Lorraine, besoin de silence et impossibilité momentanée de communiquer. La peine de quitter les miens est pesante mais elle s'éloigne petit à petit. Je retrouve mes amis, ma maison et le "courant" reprend le dessus. Et comme je suis encore un peu là-bas, j'ai envie de partager avec toi quelques détails qui m'amusent, m'émerveillent ou m'émeuvent.

Chez mes parents, il y a un jardin qui donne sur un bois et une haie qui sépare des voisins. Et des centaines d'oiseaux, de toutes sortes, pas seulement des connasses de tourterelles comme ici (connasses parce qu'elles rouspètent tout le temps avec un cri éraillé très désagréable. Et elles qu'elles chient sur la moto de Chouchou). Il y a des mésanges bleues, charbonnières, à longue queue, des bouvreuils avec le ventre rouge rosé, des alouettes, des pics épeiche qui montent et descendent sur les troncs, des gros pigeons ramiers qui marchent en se dandinant...
Tous les matins, Maman va remplir les mangeoires de graines, en robe de chambre. Comme il neigeait, elle enfilait d'abord des Moon-Boots vintage couleur rose-fillette (à vue de lacets, elles ont au moins 30 ans). Pur vintage donc, mais je doute que les oiseaux y prêtent attention. A côté du canapé et de la baie vitrée qui donnent sur le jardin, il y a des jumelles et un guide d'oiseaux, au cas où un nouveau venu ferait son apparition. Et le long de la baie vitrée est suspendue une boule de Noël argentée pour essayer d'avertir les oiseaux imprudents qu'ils risquent la commotion en volant comme des dingues dans cette direction.... Ce qui malheureusement n'évite pas les accidents, encore trop nombreux. On réfléchit à mettre des ralentisseurs et un feu clignotant.

Chez mes parents, au fond du jardin il y a un grand chêne autour duquel deux écureuils descendent en spirale. L'un est marron avec le ventre tout blanc. L'autre est plus roux, avec le ventre moins blanc mais quand même un peu. Ils ont tous les deux des oreilles pointues et la queue touffue et ils viennent chaque jour chercher les noisettes que Maman et ses Moon-Boots rose-fillette dépose au pied de l'arbre. Des noisettes évidemment achetées uniquement pour eux... Mon père fait aussi pschhh pschhhh en tapant dans ses mains au chat qui est tapi derrière la haie pour essayer de se faire l'écureuil. L'écureuil remonte dans l'arbre non sans faire un bisque bisque rage avec sa patte sous son menton, en direction du chat qui dégage la queue toute dressée, apanage de l'animal vexé.

Chez mes parents, il y a deux corneilles qui à partir de midi attendent l'une dans la pelouse, l'autre sur l'arbre, qu'on leur donne les petits restes du repas : bouts de gras de viande ou de jambon, os de poulet, morceaux de pain. La fenêtre refermée, elles s'approchent, se fourrent tout dans le gosier et repartent. Mieux que le compost.

En fait, mon émerveillement quand je vois deux hérons dans le même champ, je sais d'où il vient...

Chez mes parents, on déjeune à 12h pile et on dîne à 19h pile. Des fois on traînasse à table longtemps mais pour démarrer, faut pas être en retard. Le bon côté, c'est que t'attaques l'apéro plus tôt ;-) 
Le mauvais, c'est que des fois, il s'écoule à peine trente minutes entre la fin du thé de l'après-midi et le début du Martini... J'étais à deux doigts de tremper mon gressini ail-basilic dans l'Earl Grey de Kusmi Tea.

Chez mes parents, il y a des dizaines de magazines sur la table basse : Elle, Cuisine et Vins de France, Grazia, Le Monde Diplomatique et des fois, y'a un Voici "apporté par une amie". Ça fait que j'ai plein de retard à rattraper, à commencer par lire l’horoscope d'il y a trois semaines, en essayant de me rappeler si effectivement à cette date, la Lune dans Vénus m'a procuré une vitalité hors du commun.

Chez mes parents, il y a des tableaux de mon père partout aux murs, ils changent parfois de place, sont remplacés par d'autre, comme une galerie d’exposition. C'est beau et changeant.

Chez mes parents, le PQ est à l'envers. Je veux dire que le sens de déroulement n'est pas le bon, par rapport à chez moi. C'est très perturbant, je ne sais pas de quelle main il faut que je l’attrape, ou s'il faut que je mette la tête en bas pour retrouver mes repères. Ne pouvant me décider, j'ai failli déchiqueter un vieux Télé Loisirs mais le papier est trop lisse. Je me suis fait une raison et j'ai pris une profonde inspiration en tirant un grand coup et en espérant que tout se passe bien. Parce qu'il est interdit de retourner le rouleau sous peine de sanctions (je sais, j'ai déjà été condamnée à aller chercher des pommes dans le garage, mais si dans le casier où il y a des oignons, ou des échalotes, le gris, en bas, à côté des bières) (il n'y avait rien de tout ça, j'ai failli y rester).

Chez mes parents, on ne plaisante pas avec le sens du PQ.