4 sept. 2013

Je sais...



Je sais qu'il faut que je reprenne le sport. Que je le prenne tout court (je fais comme si j'avais arrêté en juin alors que j'ai arrêté y'a deux ans et demi ; et que j'avais fait quatre séances). Toutes mes copines parlent d'aquabike, de zumba (j'avais essayé, j'aimais bien...), d'aquaponey, de kick aerobic, de danse, de squash, de badminton, de salsa, d'abdo-fessiers ou de trucs zarbi comme... courir !! (et pas parce que tu cours un quelconque danger mais parce que ça te fait PLAISIR). Elles ont vraiment l'air enthousiaste à l'idée de reprendre une activité sportive.

Je sais.

Je sais qu'il faut que je m'astreigne à manger sainement, équilibré, en moins grosses quantités. Que j'arrête l'apéro, les chips, le fromage, l'alcool, la mayo, les tartines beurrées, la bière. Oui, tu l'as déjà dit pour l'acool... Mais la bière, c'est pas de l'alcool que je sache. Ah bon ? Ah bah, première nouvelle.

Je sais.

Je sais qu'il faut que je cesse de me regarder le visage et d'avoir l'air à demi-satisfaite pour prendre conscience de tout ce qui se trouve plus bas que mes épaules. Mon ventre énorme, mes cuisses qui n'ont rien à leur envier, mes genoux grassouillets et mes mollets en forme de jambon. En avoir conscience aiderait sûrement, sans doute, peut-être, à affronter le problème.

Je sais.




Mais j'ai pas envie.





3 sept. 2013

Constellation est mon deuxième prénom



Alors là, quand tu lis ce titre tellement joli et poétique, tu penses tout de suite Voie Lactée, Orion, Cassiopée, Andromède, Cygne et Chihuahua. Tu imagines un ciel bleu-noir d'été où des milliards d'étoiles se la donnent à fond pour que le décor au-dessus de ta tête soit parfait, féerique, infiniment profond et mystérieux.

Ok.

Tu as raison, profonde et mystérieuse, c'est tout moi.

Mais c'est pas le sujet.

Constellation est mon deuxième prénom parce que je ne sais pas manger sans me faire des tâches.

Ouais, c'est nase.

Mais figure-toi que j'ai des GROS SEINS. Et qui dit gros seins dit cible parfaite pour la petite goutte de vinaigrette échappée de la batavia, la petite goutte de sauce tomate échappée du spaghetti, la petite goutte de sauce soja-wasabi échappée du sushi, la petite goutte de soupe au potiron échappée de la cuillère à soupe, toutes les petites gouttes vicieuses qui au lieu d’atterrir sur la serviette gentiment posée sur tes genoux atterrissent directement sur mon poitrail. Y'a obstacle, tu vois. Plitch.

Comme les pop-corn au ciné. A moitié avachie dans un fauteuil rouge dont je me force à penser que la personne qui l'occupait précédemment avait les cheveux propres et portait AU MOINS une culotte, je picore du maïs soufflé collant et sucré dans une boite en carton. Et puis comme il fait presque noir et que je regarde plus l'écran que ce qui se passe entre mes mains, des fois, je loupe un peu la bouche. Des fois, ma bouche s'en fout et se ferme au mauvais moment. Du coup, à la sortie du film, c'est la fête dans mon décolleté ! J'enfonce ma main jusque dans le fond de mon soutien-gorge pour tenter d'aller chercher les miettes collantes. C'est hyper chic, je sais. C'est sûrement ce que pense le type en haut des petites marches attendant sa femme et qui me regarde avec un demi-sourire en se rinçant l'oeil. 
Ok, je pourrais attendre un peu mais ça colle et les miettes, ça pique aussi. Et puis ça fait du rab'. Tant pis pour la classe.

Tu comprends mon problème de constellation ?

Alors depuis toujours (enfin depuis que j'ai des gros seins) (donc depuis que je suis grosse surtout), dès que j'arrive dans un endroit où on se sustente, je prends la serviette de table et je la coince dans mon décolleté. Ça faisait marrer mes copines au début, je crois que maintenant, elles n'y prennent plus garde. Mais quand c'est quelqu'un que je ne connais pas, le type a souvent un air mi-étonné, mi-apitoyé face à cette pauvre grosse fille qui met sa serviette autour du cou, comme un gosse en maternelle. La neu-neu de service.

Tu sais quoi, tête de noeud (noeud) ? J'en ai rien à faire de ce que tu penses. Parce que quand je vais t'expliquer pourquoi je fais ça (les gros seins, tout ça..), tu vas devenir aussi rouge que ta tomate-mozza, ton air va changer et la pitié va se transformer en regard un peu concupiscent. Tu vas t'efforcer de regarder ailleurs, peut-être dans mes yeux en trouvant que finalement, j'ai pas mal de bon sens. En fait, tu chercheras surtout la tâche sur ma serviette pour essayer de mieux imaginer mes seins sous le papier blanc.

Alors oui, je mets ma serviette devant moi quand je mange et je m'en cogne de ce que les gens pensent. Comme ça, les constellations restent dans le ciel et pas sur mon tee-shirt...


***

Et si tu veux te fendre la poire deux minutes et que tu as des gros seins, va voir "Busty Girls", les situations sont tellement bien décrites que c'est à mourir de rire ;-)



2 sept. 2013

Reprendre le rythme




A un moment, ça suffit. A un moment, j'ai besoin de reprendre un rythme normal, cadencé par le quotidien avec des heures fixes et des obligations. C'est complètement dingue mais autant je suis contente lorsque arrive l'été et ses promesses de liberté, de faire des trucs foufous comme aller prendre un pot avec une copine à la sortie du boulot, comme décider que le ménage attendra un jour de plus, comme manger un peu n’importe quoi à un peu n'importe quelle heure ; autant au bout de presque deux mois de ce régime, j'ai besoin de retrouver des obligations, des contraintes qui me ramènent dans le droit chemin.

Demain, c'est la rentrée des classes, ce qui signifie que je vais reprendre les allers et retours avec Crapaud-poilu pour l'emmener au lycée. Debout 6h15, départ 7h14 de la maison. Tant mieux, au moins, je sais ce que j'ai à faire. Le soir, j'irai le chercher au lycée, je l'attendrai sur le petit parking et je changerai de place pour passer de celle du conducteur à celle du passager. Il me racontera sa journée, comment ses profs sont trop nuls, comment il en a marre parce qu'il ne comprend pas les maths.

On rentrera à la maison. On dînera à une heure raisonnable (avant 21h) et en mangeant des trucs plus raisonnables que des TUC et du rosé pamplemousse (enfin moi, lui, il n'en boit pas). On débarrassera la table, il montera faire ou finir ses devoirs, je pourrai m'asseoir devant l'ordi pour écrire un p'tit billet plus ou moins inspiré. Ensuite il descendra me faire un bisou, me réclamera peut-être un petit câlin devant la télé, il fera pisser le chien dehors et ira se coucher.

Le boulot reprendra aussi son cours normal : adieu les pauses un peu plus longues au soleil, bonjour les réunions à rallonge. Revoilà les gros dossiers mis un peu en stand by pendant l'été. Va falloir se mettre les mains dans le cambouis, parce c'est bien joli tout ça, mais faut que ça avance.

J'ai besoin de retrouver un cadre, des habitudes, des contraintes.

C'est la rentrée, et ça me va bien.


* * *


Jusqu'à ce que dans deux mois, j'en puisse plus ! 
Tu auras le droit, la prochaine fois que je me plaindrai, de me renvoyer ici en disant "rappelle-toi .."