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7 mai 2015

Le fil



Au début, des liens se tissent. Ils deviennent petit à petit une étoffe, d'abord souple et qui finit par être de plus en plus serrée... On la croit même indestructible.

Un jour, on ressent plus ou moins le besoin de sceller ces liens d'une manière définitive. Alors on se noue autour de l'annulaire, un fil rigide, en présence de plein de gens. On fait même la fête pour que tout le monde puisse voir ce joli nœud autour de nos doigts.

2 juil. 2014

Ne pas le fêter



Hier, en me réveillant, j'ai attrapé mon téléphone comme chaque matin pour checker la météo et décider ainsi de ma tenue de la journée. J'y ai instantanément pensé, pour la première fois depuis tellement longtemps.

Depuis de très nombreuses années, les méandres de mon cerveau me faisaient zapper la date. Sauf hier. 

Au début et pendant plusieurs années, on avait décidé de faire quelque chose de spécial ce jour-là, comme tout le monde le fait ou comme on se sent obligés de le faire (pression sociale, familiale, poids des traditions). Un dîner au restaurant, on se faisait beaux, avec au-dessus de nos têtes la contrainte de passer une super soirée puisque c'était, en principe, un moment heureux. Moi j'aurais voulu qu'il semble amoureux et heureux, que pour une fois, il puisse un peu montrer des signes de tendresse. C'était l'inverse. Il a toujours adoré faire le contraire de ce qu'on attend de lui, comme une sorte de rébellion d'adolescent sur le retour.
Le bonheur contraint et forcé par le calendrier n'y trouve pas son compte. La soirée finissait régulièrement par des larmes arrosées de champagne, de l'aigreur, de la colère, de la rancœur, le tout mi-cuit avec son bouillon clair au jus de tourteau. Comme si se retrouver en tête à tête justement ce jour-là catalysait nos différences.

Alors une année, peut-être au bout de 5 ans, j'ai dit stop. Pas question de continuer à s'imposer d'être heureux ce soir-là. Pas question de fêter quoi que ce soit si c'était pour que le lendemain, la peau de mes joues pique à force d'avoir été baignée de larmes salées.

On a cessé d'y penser et surtout cesser de se l'imposer. Régulièrement, j'oubliais la date. Ce n'est qu'un texto de Maman dans le courant de la journée qui me la rappelait. J'envoyais un petit "Merci !" et répondait "Non, on ne fêtera rien ce soir, peut-être dans le courant de l'été".

Hier, en me réveillant, j'y ai pourtant pensé tout de suite.

Hier, c'était mon anniversaire de mariage. 19 ans. Je lisais justement le billet de Caro sur ses noces de laine et j'ai regardé par curiosité sur Wikipédia à quoi correspond ce nombre d'années. Noces de cretonne.
"La cretonne est un tissu assez fort, constitué de fils de chanvre, de lin ou de coton, principalement employé pour l'ameublement". Ok. Super.

Hier, j'ai pensé à mon mariage. A cette union que j'ai décidé de rompre parce que je n'en pouvais plus de m'oublier dans cette relation, de subir, de regretter, de vivre à moitié en me disant chaque jour "Mais c'est pas ça ma vie". Bientôt, cela fera un an que je lui ai annoncé ma volonté de partir, c'était quelques jours après le dix-huitième anniversaire.
C'est long, une séparation. Aujourd'hui je vis ailleurs, nos chemins sont différents mais encore tellement mêlés par un fil fort de chanvre, de lin ou de coton et qui s'appelle Crapaud-poilu. Nos vies sont encore mêlées puisque je suis encore mariée. J'ai hâte de pouvoir rompre ce lien-là qui me pèse et qui m'empêche malgré tout de vivre ma vie comme je l'entends.

Je ne sais pas si lui y a pensé. 
Je ne sais pas si Crapaud-poilu y a pensé. 
Je ne sais pas si ma mère y a pensé et si elle a dû se réfréner pour un envoyer un texto... Et pour y dire quoi ? Sincères condoléances ?

Officiellement, juridiquement, je suis mariée depuis dix-neuf ans et un jour.

Officiellement, mais pas juridiquement, je suis séparée, bien plus heureuse qu'il y a un an, deux ans, cinq ans. Bien plus heureuse que toutes ces années à ne pas vouloir fêter un anniversaire de mariage sous peine de pleurer à la fin de la soirée.

Et puis la cretonne, franchement... Pourquoi pas de la toile de jute pendant qu'on y est ?




13 juin 2013

Tu cries, Noline ? (jeu de mots) (ha ha)



Ce matin, quand tu liras ce message, je serai sur la route pour aller bosser ! Eh ouais, c'est fini les conneries. Je reprends avant la fin de mon arrêt de travail non pas pour faire style "je me sacrifie pour la boite" mais surtout parce que j'ai du mal à rester à la maison alors qu'en fait, ma tête fonctionne super bien.
Ok, j'ai l'orteil moisi mais en quoi ça m'empêche de bosser ? Je suis pas danseuse de claquettes aux dernières nouvelles (thanks god)...

Alors hop ! Retour au bureau. J'emporte une béquille pour que les gens soient précautionneux avec moi, comme un genre d'alerte et plus facile qu'un cerceau qui tracerait un espace dans lequel il ne faut pas entrer. Ou alors, je pourrais mettre une robe à crinoline. Tiens, en voilà une fucking bonne idée ! Surtout que j'en ai vu un paquet durant ces jours à la maison. J'ai avalé au moins 4 émissions de télé différentes sur le mariage et les robes de mariées. Enfin je les mettais en fond sonore en bossant depuis mon portable, connectée au bureau parce que... bref...  Mais je jetais un coup d'oeil et je peux te dire que j'en ai vu de la meringue.

Une série qui passe le matin : J'ai dit Oui à la Robe, qui te montre la vie d'un magasin de robes de mariées (Kleinfeld, apparemment un must). Les filles qui viennent essayer, les essayages, les vendeuses qui se font houspiller parce qu'elles en vendent pas assez, etc... Le nombre de nénettes qui se retrouvent affublée d'un truc qui ne les met pas du tout en valeur, c'est dingue. En revanche, ça coûte 4000 $ comme qu'y rigole.

Une autre qui passe à un autre moment et qui raconte l'organisation de mariages par des wedding planners (encore un truc américain), avec des mariées chiantes et capricieuses, des futurs mariés passifs et dépassés et des orchidées blanches à profusion. Avec la fameuse phrase de la fin énoncée par l'animateur, le pasteur ou je sais pas qui : for the VERY first time, let me introduce you Mr & Mrs Luke Skywalker(*)
Je te rassure, à chaque fois même si on croit que RIEN ne sera prêt à temps, TOUT est prêt à temps. Y'a un suspens d'enfer, quand le générique de fin arrive, j'ai les mains moites.

Une dernière, une terrible, une incroyable, une française. Heure de diffusion 16h45 donc autant dire que je la reverrai jamais : Lune de miel pour des Langues de putes. Heu, c'est pas tout à fait ça le titre mais ça passe sur la Une.
Le principe : 4 couples se marient. 3 des futures mariées assistent au mariage de la quatrième, lui donne des notes et le couple obtenant la meilleure moyenne part pour une giga lune de miel sous les cocotiers. Un mariage par soir, résultat le vendredi.
C'est effarant comme les nanas sont des pestes ultimes : han, trop super ton dîner, je vais te mettre 9/20 (en douce, hein, pas en face). Y'a de la stratégie, du mensonge et de l'hypocrisie en quantité au moins aussi importante que le tulle rose qui orne les chaises de la salle des fêtes de Tourneuille-les-Arcilly. Et vas-y que je te critique la robe ("le tulle, c'est pas noble comme matière, la soie c'est mieux"), l'animateur ("il y a eu trop de moments de blancs"), l'ouverture du bal, la viande trop ou pas assez cuite, le dessert-que-si-c'est-pas-une-pièce-montée-le-mariage-est-raté... Dingue.
Pourquoi je regarde si ça m'énerve autant ? Bonne question... Sans doute parce que ça me conforte dans l'idée que si je devais me remarier, JAMAIS je ne mettrai une robe meringue et JAMAIS je ne ferai un truc comme ça. D'ailleurs je ne me marierai pas (je voulais pas me marier mais Chouchou oui).

Pour que tu sois bien au fait, tu dois savoir que deux tendances phares se dégagent : 
1) la coiffure à base de boucles luisantes complètement figées et où on accroche des perles, des plumes, des fils de fer, n'importe quoi.

  


2) l'ouverture de bal travaillée. Je parle pas d'avoir été prendre des cours de danse de salon pour faire un truc chiadé (je l'ai fait ! Un tango de folie !) mais de produire une espèce de chorégraphie à base de compilation de musique divers sensées surprendre les invités. Hou la la, mais... que se passe-t-il ?!

Du coup, je crois qu'à force de nous farcir la tête avec toutes ces émissions, les mariés se sentent investis d'une mission divine pour l'organisation de la noce parfaite... Au secours.
Tu sais quoi, la durée et la réussite d'un mariage n'est pas proportionnel aux nombre d'euros investis ou à l'originalité à tout prix. Ce serait trop facile...

Détends-toi future mariée, essaye juste de profiter du moment, ça ne dure qu'une journée ;-)

***

(*) Tu croyais que j'allais traduire ? Ben non. C'est pas compliqué quand même...

***

Sinon, y'a des trucs rigolos quand même, mais faut être le premier à le faire, après, ça fait réchauffé !






Si jamais y'en a une qui voit l'émission de vendredi, tu pourras me dire qui a gagné ? ;-)